20110131

Le Shnorrer de la rue des Rosiers

Livre numérique à télécharger ici : publie.net

"Comment regarder devant soi sans assumer le passé ? Le travail de l'espoir inclut ce perpétuel retour de la mémoire, et ce qui nous en revient à charge.
Les grands récits de la déportation et des camps de la barbarie nazie portent à sa plus extrême radicalité ce qui nous est légué d'expérience humaine, d'une part irréductible de notre propre condition, dont nous sommes tous porteurs.
Ce que nous sommes, nous le devons aussi à ces récits où on regarde le bourreau en face, qu'il s'agisse de L'Espèce humaine de Robert Antelme, des Jours de notre mort de David Rousset, du Si c'est un homme de Primo Levi de tant d'autres.
Le Shnorrer de la rue des Rosiers est un livre humble. Par son personnage, puisque le Shnorrer, en yiddish, c'est le mendiant "professionnel" et le rôle qu'il joue dans la communauté. Mais c'est la posture de Michèle Kahn qui définit aussi cette humilité : on vous confie un récit, et votre tâche est de rendre collectif ce récit, collective la mémoire de ce récit.
Les ghettos juifs dans les capitales d'Europe avant la seconde guerre mondiale, l'irruption de la catastrophe, la façon dont on résiste et s'organise dans l'extrême devenu quotidien, et la mort une mécanique. Nous connaissons ces figures, parce que nous avons déjà lu des témoignages et des récits sur l'univers concentrationnaire. Mais chaque récit en rejoue en entier la condition, la question sans réponse.
Humble, enfin, par cette rue des Rosiers : on la connaît bien, à Paris. Les derniers survivants s'éteignent progressivement. C'est à nous désormais de tenir parole, leur tenir parole. Le génocide nazi pourrait sembler un événement loin de notre présent, loin de notre espace : le Shnorrer vient nous dire que c'est ici, maintenant, que c'est l'autre devant vous.
Alors oui, continuer d'accueillir, lire et faire lire."
François Bon

3 commentaires:

Anna a dit…

Bonjour Madame,

Merci pour votre site intéressant.
Je suis très touchée par les thèmes que vous abordez dans votre écriture.

Je suis traductrice du français vers l'anglais et j'aimerais vous rencontrer mais je n'ai pas d'autre moyen de vous contacter que par ce blog. Comment faire?

Cordialement,
Anna

Anonyme a dit…

Ah! Mais c'est le bonheur de vous trouvez ainsi tandis que je cherchais votre biographie puisque votre livre " Le roman de Séville ', hé bien il nous a tant ravi et bien servi lors de notre séjour dans cette " merveilleuse ville". Ce soir je me suis dis, ah ! peut-être que la dame a aussi écrit une même " oeuvre " sur la ville de Florence ? M'enfin, je chercherai et redondance, grand merci pour vos descriptions romanesques de cette Belle Andalouse.

Merci Madame
Ana

Michèle Kahn a dit…

Merci à vous deux, Anna et Ana. C'est toujours un bonheur de lire ses lecteurs.
Michèle Kahn