20100927

Le Rabbin de Salonique

La tragédie des juifs de Salonique
En 1941, les blindés allemands investissent Salonique, jadis surnommée « la Jérusalem des Balkans ». Deux ans plus tard, 45 000 Juifs, soit 95% d’entre eux, sont acheminés vers les camps de la mort.
Le Grand Rabbin de Salonique avait la charge de veiller au respect des ordres de l’occupant au sein de sa communauté. A-t-il livré les siens aux nazis pour "sauver sa peau" et celle de ses proches, comme on l’a prétendu de manière injurieuse, ou au contraire s'est-il sacrifié en espérant les protéger?
Qui fut Zvi Koretz ? Un traître ou un héros ?
Une approche de ce personnage complexe et fascinant, dont le courage, dissimulé derrière une apparence de froideur, le conduira au camp de Bergen-Belsen, puis dans le Train perdu, enfin à la mort. Son histoire tragique donne à réfléchir sur l'amour que nous portons aux autres.


Collection Un nouveau regard - Editions du Rocher/Vladimir Fédorovski

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3 commentaires:

Catherine L a dit…

Votre dernier roman m’a fascinée, pour plusieurs raisons.

Rien de plus facile que de juger des actes après coup, quand on a toutes les données en main, l’avant, le pendant et l’après. Tel responsable était coupable, tel autre, responsable mais pas coupable, et ainsi de suite… Certes, mais dans le feu de l’action, quand le chef d’une communauté doit prendre des décisions, qu’il a le souci d’agir pour le mieux, sans pour autant posséder tous les éléments qui lui permettraient de le faire, comment peut-il éviter l’erreur, les erreurs qui mèneront à l’horreur ?
Votre roman, Michèle Kahn, qui est d’abord cela, un roman, pose néanmoins les questions fondamentales : Qui, en temps de crise, fait quoi, et pourquoi, quelles sont les réelles motivations des hommes, et quelle morale les guide ?

Il me semble que votre roman cerne tout à fait les questionnements du rabbin de Salonique.
Il montre parfaitement les conflits personnels d’un homme issu du monde germanique, soudain plongé dans un univers oriental dont il maîtrise certes la langue, mais peut-être pas tous les codes, et qui se trouve pris au piège des Allemands, sans deviner ce que le nazisme en a fait. Comment peut-il mettre en doute la parole de ceux dont il connaît parfaitement le fonctionnement zélé et respectueux des lois, et penser qu’ils se serviront de lui comme d’un pantin à des fins démoniaques ?

Je ne pense pas pour autant que ce roman « réhabilite » ledit rabbin. Je pense juste qu’il le montre comme un homme presque banal, si ordinaire de confiance et de probité, qu’au fond, il en devient insupportable de bêtise, et en même temps touchant d’humanité.

Votre talent, c’est de nous amener lentement, mais sûrement à comprendre ce mécanisme implacable qui a amené tant d’autres à ne pas voir, jusqu’à en toucher les wagons, ce qui allait se passer. Et qui, en ce temps-là, pouvait vraiment le dire ou le prédire ? Le processus de déshumanisation, d’alternance d’espoir et de désespoir a été très bien démontré, en son temps, par le Treblinka, de Jean-François Steiner, ou bien par Pour que la terre se souvienne, de Leon Weliczker Wells, traduit de l’anglais par mes amis Jacques et Catherine Legris, dont cette note me permet au passage d’honorer la mémoire…

Outre l’intérêt historique de ce roman si bien documenté (comme toujours !), on est interpellé par la manière dont vous vous impliquez dans la narration, au point d’y intervenir en personne par endroits. C’est surprenant, mais bien moins que le méchant procès qui a été fait au rabbin lui-même, à sa veuve échappée de l’enfer - et, par ceux qui lisent ce qu’ils ont envie de lire, peut-être à vous-même. Pas facile, d’ébranler les certitudes, et de donner à voir les êtres sous une perspective différente, j’en sais quelque chose !

Cathie Fidler

robert a dit…

Bonjour,
Je viens d'apprendre de vos oeuvres, notamment le rabbin de Salonique.
J'aimerais savoir si vos livres sont disponibles au Canada ou alternativement aux USA. Si oui, où?
Aussi ont ils été traduit en anglais. Lesquels? Je ne trouve rien dans les magasins à Toronto.
Merci me faire savoir,
Sincèrement,

Michèle Kahn a dit…

Bonjour Robert,
Mes livres publiés aux Editions du Rocher sont en vente dans les librairies québecoises, diffusés par Gallimard Limitée. Malheureusement aucun n'a été traduit en anglais.
Merci de votre intérêt.
Bien cordialement.
Michèle Kahn